Le maternage face aux pleurs et aux colères

Publié le par Stephanie Bochard

Pour le calmer quand il pleure

 

A. Solther explique que  c'est normal qu'un enfant pleure et il faut qu'il sache qu'il a le droit de pleurer, de crier... et oui

 

Parfois on a l'impression que l'enfant sur réagit, explose pour une broutille, mais en fait pour lui c'est "la goutte d'eau" et sa colère vient "expulser" toutes les frustrations emmagasinées depuis la colère précédente. Et c'est très important que ces colères soient expulsées... Bref, la conduite à tenir c'est: montrer à l'enfant qu'on comprend, être bienveillant, lui laisser savoir qu'on pense que "c'est bien" de manifester son chagrin ou sa colère. Ne PAS dire: "là, là, ne pleure pas" (ben si, pleure mon chou), ni « c’est pas grave » ni "on ne pleure pas quand on est un grand garçon comme toi"

 

Elle rejoint souvent Gordon en disant qu'il faut "verbaliser" ce qu'on comprend des émotions de l'enfant, en disant "je vois que tu es très très fâché", ou "vraiment triste" par exemple... quitte à le répéter plusieurs fois, mais sans proposer de solutions (à l'enfant de les trouver)

 

 

 

On me dit souvent que ma troizans pleure très rarement quand elle tombe. C'est vrai: si elle vient me voir en me disant "je me suis fait mal" et que je vois que c'est un minus-bobo, je ne lui dis jamais "c'est rien" ni "c'est pas grave". Je fais toujours un bisou, avec un petit mot gentil comme "ouille, ça t'a fait mal?" ou bien « ouh là, j’ai l’impression que tu t’es fait peur, hein? »

 

C'est vrai, ça doit être super frustrant d'entendre sa maman dire "là...c'est pas grave, y'a rien du tout" quand on est en train de pleurer. Même si elle le dit tendrement!

 

Il doit se dire "vulgaire, elle comprend rien? Je pleure, là! Peut-être que si je pleure plus fort elle va enfin comprendre que je me suis fait mal, que j'ai eu peur?"

 

Ma troizans, elle sait bien qu'elle n'a pas du tout besoin de chouiner pour avoir un bisou, de l'attention, de la sollicitude. Alors elle n'en rajoute pas.

 

Pour ton bonhomme c'est pareil. Si quand il te réclame un jouet, un bonbon, un parc d'attraction et que tu dois dire non, tu lui donnes des arguments rationnels, de grand, du genre "tu sais bien qu'on ne peut pas acheter des jouets, je t'avais dit qu'on n'achèterait rien, on ne peut pas manger de bonbons toute la journée..."  etc. Ce n'est pas ça qu'il a besoin d'entendre, là tout de suite. Il va être doublement en colère: en colère de ne pas avoir le jouet, et en colère que tu ne comprennes pas qu'il se mette en colère. Alors que si tu lui montres que tu te rends bien compte que ce serait chouette de pouvoir manger des bonbons tout le temps, avoir le super jouet dont il a super envie etc., et si tu acceptes vraiment qu'il soit vraiment triste ou vraiment en colère de ne pas les avoir (parce que c'est le cas: ça ne vient pas tout seul, le fait d'être capable de reporter ses désirs, d'attendre, d'être raisonnable : avant, on est triste, on est frustré, on est en colère...), ça devrait aider. Il sera toujours triste de ne pas avoir ce qu'il veut (et il faut accepter qu'il le montre : on n'est jamais coupable de ses sentiments) mais au fond de sa tête il n'y aura plus "et il faut que j'en "rajoute" pour bien que je montre à maman que je suis vraiment triste, parce qu'elle n'a pas l'air de le savoir". Il sera toujours aussi frustré de ne pas avoir les bonbons, mais pas frustré de n'être pas compris.

 

 

 

Quand il "fait une colère":

 

"Il ne faut pas faire semblant d'ignorer la colère de l'enfant. C'est très violent ça: l'enfant n'arrive pas à nous dire autrement son émotion, il y met toute son énergie, et on fait comme si il n'existait pas? Quelle tristesse pour lui! Quelle frustration ! Bien sûr il faut lui faire comprendre qu'il y a d'autres moyens de dire sa colère, mais il faut aussi lui laisser le temps d'apprendre ça, de grandir…"

 

"Les enfants apprécient qu'on leur parle de nos émotions plutôt que de leur comportement.

 

Par exemple: "Ouh la, tous ces cris me cassent les oreilles" "ou je sens la colère monter en moi quand j'entends tous ces cris: je sors": on n'accuse pas l'enfant ainsi, mais on lui montre qu'on est VRAIMENT dérangé par son comportement et lui agit après en conséquence. Nous n'avons pas à rester zen et calmes devant nos enfants, on a aussi droit d'avoir des états d'âme; à nous de les exprimer de la façon la plus concise possible sans proposer de solution à notre enfant; c'est à eux de proposer des solutions" Surtout ne pas proposer de solution, ne pas minimiser sa colère ou sa peine , ne pas se moquer, mais seulement reformuler ce que tu entends dans le style "tu es vraiment très fâché ... vraiment fâché" et attendre. Le redire 2 ou 3 fois s'il le faut afin que ton enfant comprenne que tu le soutiens, que tu le comprends, que tu es a ses cotés.    
C'est usant au départ et on se sent un peu désemparée, mais j'ai expérimenté et ça marche pas mal !"    
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Publié dans Le maternage

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