Le maternage: quelques pistes
Pour qu’ils obéissent:
Il faut utiliser des "messages-je", ceux où tu exprimes "ce que ça te fait" quand ton enfant n’obéit pas. Tu dois exprimer tes sentiments.
L'objectif, c'est que tes enfants soient dans une position de "trouver une solution à ton problème", plutôt que dans une position dominant-dominé classique.
Exemple: Junior se met debout dans la baignoire. Il sait que tu veux qu'il reste assis mais il se met debout quand même:
A éviter (dominant-dominé):
"assieds toi", "tu n'écoutes rien de ce que je te dis", etc.
A dire:
"quand tu te mets debout, j'ai peur que tu glisses et que tu te fasses très mal" => sous-entendu "aide moi"
Comment ne pas être autoritaire, sans qu’il devienne un enfant-roi?
Bien sûr, il est hors de question de laisser l'enfant imaginer une seconde qu'il a pouvoir de commander ses parents. Ils doivent savoir qu'on n'est pas leur boniche, qu'on n'est pas à leurs ordres...
L'enfant roi, c'est l'enfant qui décide des choses qui empiètent sur notre liberté, notre espace vital, notre cadre de vie, en trouvant ça normal.
Celles d'entre nous qui essaient de se passer de punition parlent bien des punitions qui n'ont rien à voir avec les conséquences du geste de l'enfant.
En revanche, nous disons toutes que l'enfant doit être responsable de ses actes, dès "tout petit", et en assumer les conséquences réelles (et pas celles que nous ajoutons, comme pour en rajouter une couche)
Ex : Junior tape son frère avec un jouet.
Punition: Junior reçoit une fessée => c'est nul, je trouve. C'est une conséquence "rajoutée".
En revanche, si la maman prend le jouet des mains en lui disant "j'ai peur que tu fasses mal à ton petit frère avec ce jouet, alors je préfère te le prendre pour l'instant", ou bien emmène le petit frère dans une autre pièce en disant au grand "j'ai peur que tu lui fasses mal alors tu peux continuer à jouer, mais tout seul pour l'instant. Quand tu ne seras plus en colère tu etc..."
=> là, ce n’est pas une punition, c’est juste la conséquence directe de ses actes.
Si Junior écrit sur le mur avec des feutres : Tu l'envoies "réfléchir dans sa chambre" => c'est nul. C'est une conséquence "rajoutée"
En revanche tu lui demandes de t'aider à nettoyer et tu lui expliques que désormais tu ne laisseras plus les feutres à sa disposition et il devra venir te les demander pour colorier => il assume les conséquences directes.
Un enfant "qui décide", un enfant autonome, ce n'est pas un enfant tyran!
Moi je trouve très bien que l'enfant, même tout petit, apprenne à décider de ce qui le concerne lui, et que ce ne soit pas l'adulte qui décide à sa place (par exemple, à 2-3 ans : décider d'aller faire pipi quand j'ai envie et pas juste parce que maman demande, décider de boire quand j'ai soif, décider de manger quand j'ai faim, décider de mettre un pull quand j'ai froid)
L'enfant tyran, c'est celui qui "bouffe" ses parents, qui embête sa famille en pensant que c'est normal.
Personne d'entre nous ne dit qu'on doit se laisser bouffer.
- La maman qui se laisse bouffer prépare des petits plats spéciaux à son enfant qui refuse de manger comme tout le monde.
- La maman qui se laisse bouffer laisse l'enfant hurler à longueur de repas, empêchant toute conversation familiale
- La maman qui se laisse bouffer accepte d'acheter tel et tel jouet dans le magasin sous prétexte que l'enfant hurle pour le réclamer.
Dans toutes ces situations, on peut très bien ne pas se laisser bouffer, sans punir pour autant:
- dire "tu ne manges pas, si tu n'as pas faim" (mais ne rien préparer d'autre pour autant)
- dire "si tu veux rester à table avec nous, tu dois arrêter de crier mais nous expliquer ce qui ne va pas, parce que nous voulons pouvoir discuter entre nous. Si tu es très en colère, tu peux aller un peu dans ta chambre si tu crois que tu n'arriveras pas tout de suite à arrêter de crier"
- dire au petit qui hurle dans le magasin "c'est vrai qu'il est drôlement beau ce camion. Je comprends que tu en aies très envie. Tu voudras le demander au Père Noël ?" (mais sans l'acheter tout de suite, évidemment, et accepter qu'il continue à exprimer sa déception)
Pour se « retenir » de crier:
« avant que les mots malheureux nous échappent, prendre le temps de se demander comment on réagirait si c'était un adulte qui avait fait ce que vient de faire notre enfant (claquer une porte, renverser de l'eau, etc) : ça remet bien des choses en place! »