Le maternage: introduction
Le maternage, c’est une forme d’éducation non-violente, qui prône le respect des enfants (ce qui ne signifie pas leur laisser faire ce qu’ils veulent). Je l’ai adopté sans savoir comment ça s’appelait, mais j’ai envie de vous le faire partager.
Comme introduction, des extraits d’un dialogue sur un forum auquel je participe régulièrement :
Lune : moi je ne trouve pas les punitions soient humiliantes
bien sur faut pas non plus se comporter comme un tyran
si l'enfant refuse d'obéir , il doit savoir qu'il sera obligé d'obéir ...
moi je ne veux pas que mon enfant me mène par le bout du nez et cela ne risque pas d'arriver ...
il doit avoir des limites et surtout il doit savoir que c'est maman et papa qui sont les chefs dans la maison
d'ailleurs je n'aime pas la désobéissance et les caprices...ou qu'il ait l'audace de lever la main sur sa maman ...
bien sur c'est mieux de leur parler calmement mais parfois il faut utiliser d'autres moyens ..
une anecdote :
j'étais avec mon amie et son fils en mini promenade
et le petit garçon a dit méchante maman et a levé la main sur sa maman
elle lui a d'abord dit qu'il ne pouvait pas mais il a recommencé 2 fois alors elle a coupé une petite branche et elle a tapé très léger sur les mollets pour qu'il ne recommence pas (manquer de respect)
puis elle m'a dit je suis désolé, mais .. oh mais j'ai dit qu'il lui devait le respect et que je n'étais pas contre car il devait obéir... je trouvais cela normal...
je ne suis pas contre les coups mais il doit savoir qu'il n'est pas le roi et ne le sera jamais ...
Moi: moi je pensais comme toi... avant d'avaoir des enfant! Puis Vincent est arrivé, il a dormi sur moi les 3 jours à la clinique... non par conviction sinon que parce que moi j'en avais besoin... on est rentré à la maison et il a commencé a avoir des colliques... il pleurait le soir, sans que l'on sache ce qui lui arrivait et pas mal de gens m'ont dit "laisse-le pleurer, ça lui fera les poumons, ça lui apprendra qu'il faut qu'il dorme, etc". Moi je ne pouvais pas parce que je sentais qu'il souffrait mais il était plus tranquile quand il dormait sur mon ventre... les colliques sont passées, et Vincent a dormi dans son lit, ce qui m'a bien montré qu'il ne m'aurait servi à rien de le laisser pleurer. En grandissant, il s'est avéré un petit garçon avec pas mal de caractère (comme ses parents, GP, AGP, etc...) mais d'une grande générosité. Très tôt j'ai pris l'habitude de ne pas lui dire non à tout, parce que j'estime que les enfants doivent découvrir le monde, et que tant que ça ne les mets pas en danger, je ne vois pas le problème: quand il voulait jouer avec mon téléphone portable, je le lui passais en lui disant qu'il fasse attention parce que c'est fragile, et il ne me l'a jamais cassé. Il y a pourtant des choses interdites, il les connait. Les quelques fois où je lui ai mis une fessée, je me suis sentie mal, parce qu'en fait c'était une façon de décharger ma colère, mais en aucune manière de lui apprendre pourquoi il ne fallait pas le faire. J'ai donc commencé à essayer d'autres techniques: les punitions avec lui sont totallement inefficaces mais j'ai découvert qu'étant un petit garçon très autonome, en le responsabilisant ça marchait assez bien... l'humour aussi. Donc j'ai laissé les fessées avec beaucoup de plaisir, et Vincent me respecte non parce qu'il est obligé, mais parce que moi je le respecte, comme un être humain, comme je le ferais avec un adulte, en écoutant ses désirs (ce qui ne veut pas dire qu'il a tout ce qu'il demande), ses peurs (le role principal de la maman étant de les rassurer), ses joies et ses peines. Il n'est pas le roi à la maison, il n'y en a d'ailleurs pas, nous sommes une communauté de 4 êtres humains, qui ont leurs règles comme dans n'importe quelle société, leurs devoirs et leurs droits.
Kcénia: Lune, toi t'apprécie quand une interdiction de ton patron t'es expliquée, et pas juste "c'est comme ça, pas autrement". T'apprécie qu'en cas d'erreur, de mauvaise manip tu puisses en discuter plutot que de te prendre une baffe (ou d'en filer une, mais là c'est plutot l'autre qui apprécie). T'apprécie que les autres comprennent que tu peux être fatiguée/ne pas avoir entendu/avoir la tête ailleurs. T'apprécie que lorsqu'on t'as filé des consignes en chinois, quelqu'un se rende compte que c'est normal que tu n'aies rien pigé. T'apprécie qu'en cas de désaccord il y ai une discussion possible, et pas juste un "c'est moi le chef" (ou alors, tu souffre que justement ce ne n'est pas le cas). Une métaphore qui me semble assez parlante : Pour prendre une métaphore que j'aime bien, on peut se dire que l'enfant est comme une casserole sur le feu: quand ça commence à bouillir et éclabousser au dehors, il y a des gens qui vont conseillent de "mettre un couvercle et de le maintenir". Là, on pourra se dire "chouette, ça marche, ça n'éclabousse plus!"... mais on se rendra vite compte qu'au bout d'un certain temps ça crame au fond de la casserole, mais on ne le voyait pas, à cause du couvercle. Alors on se rend compte qu'il aurait fallu baisser le feu, bien laisser s'échapper la vapeur et non essayer de la contenir dans la casserole, et même cuire à feu plus doux la prochaine fois, mettre plus de matière grasse au fond... Pour la fessée (et les punitions) c'est pareil: ça marche, ça "n'éclabousse plus", mais on ne résout rien. On n'essaie pas de comprendre pourquoi ça bout, on n'apprend pas à l'enfant comment et pourquoi il faut bien se conduire, on lui apprend uniquement à obéir sous la contrainte. Et quand ça bout à l'intérieur, quand à l'adolescence ça a attaché au fond... c'est dur de nettoyer la "casserole". Pour ceux qui seraient intéressés : Bibliographie
Tu comprendrais pas qu'une sanction soit physique plutot qu'autre quand sanction il y a (défaut de ceinture en voiture?
Tu va rire... les enfants, c'est pareil