Les tremblements de terre

Publié le par Stephanie Bochard

Les tremblements de terre, ça semble facile : c’est la terre qui bouge. Mais vu du pays avec le plus d’activité sismique au monde, c’est un peu plus complexe.

 

D’une part, notre terminologie est très peu précise. Ici, il existe deux mots : le tremblement de terre (je n’en n’ai jamais connu, le dernier à Santiago date de 1985) qui est de plus de 7 sur l’échelle de Richter. Et puis ce que l’on a tous les jours, même si on ne les sent pas toujours, ce sont des secousses.

 

Il y a trois types de tremblements de terre : celui qui bouge à l’horizontale, celui qui bouge à la verticale, et celui qui combine les deux mouvement (qui est souvent le plus dangereux). Le tremblement de terre le plus fort jamais enregistré au monde à eu lieu dans le sud du Chili : 9.9 sur l’échelle de Richter au début du 20ème siècle.

 

Et puis les secousses, il y en a tous les jours. Généralement, elles se sentent au-delà de 4 sur l’échelle de Richter. Ça dépend aussi d’où on se trouve : dans la voiture, le bus ou en marchant, on ne sent rien, mais si on est assis ou couché, c’est plus notable. Les petites secousses généralement s’entendent plus qu’elles ne se sentent : si vous habitez dans une maison en bois, vous entendrez régulièrement le bois se mettre à craquer subitement, sans sentir de mouvement. Ou alors au 20ème étage d’un immeuble, le mouvement s’amplifie.

 

Le plus fort que j’ai vécu, c’est 6.3. C’est déjà pas mal. J’étais dans un supermarché, quand d’un seul coup, tout s’est mis à bouger, les gens ont commencé à paniquer, partir en courrant. Moi j’ai évidemment gardé mon calme puisque je n’ai jamais connu de catastrophe, mais 20 minutes après, j’ai commencé à sentir des nausées, comme lors de la traversée de la Manche sur le Ferry par gros temps !

 

Pourquoi, me direz vous, il ne se passe rien ici avec des secousses de 7 et que dans d’autres pays, tout s’écroule avec des secousses de 4. Et bien d’abord, ça dépend du type de secousse. Mais surtout de la construction. Les chiliens sont très « je m’en foutistes » pour tout, sauf pour les normes anti-sismiques ! Pour la construction d’un immeuble qui doit durer 6 mois, ils passent au moins 3 mois seulement dans les fondations. Au début, je me demandais toujours ce qu’ils faisaient dans le « trou », parce qu’une fois qu’ils commencent avec le premier étage, les autres s’enchaînent à une vitesse vertigineuse. On dirait des champignons. C’est que pour les immeubles, les calculs sont révisés par plusieurs personnes et les contrôles des systèmes anti-sismiques sont nombreux. Donc on suppose que tout est sûr, jusqu’au prochain tremblement de terre (qui s’annonce gigantesque puisque normalement il y en a un tous les dix ans et ça fait maintenant 20 ans qu’il n’y en n’a pas eu a Santiago), où les mauvais « calculateur » seront montrés du doigt ! Ça nous fait une belle jambe ! Ceci dit, je vous rassure, j’habite dans une maison qui a survécue à plus d’un !

 

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