Arrêtez de nous faire c.... avec le trou de la Sécu

Publié le par Stephanie Bochard

J’en ai marre d’entendre tous les quatre matins sur Europe 1 que le trou de la Sécu ceci, le trou de la Sécu cela! Assumez qu’à la Sécu il faudra toujours lui mettre des sous et que la santé ça n’est pas rentable en termes économiques.

 

Parce que si vous voulez savoir ce que ça donne quand on veut une santé rentable, je vais vous raconter, moi! Ici, il y a un système public et un système privé. Le système public (Fonasa) coûte évidemment moins cher, mais on ne vous soigne que dans les hôpitaux publics où il peut facilement y avoir 6 mois d’attente pour se faire un scanner, même si c’est urgent! Il y a d’ailleurs plusieurs cas de personnes mortes parce qu’elle n’étaient pas traitées pour cancer dans l’attente d’un examen pour confirmer le diagnostique.

 

Et puis il y a le système privé (isapres), plusieurs entreprises privées qui couvrent les frais médicaux en accord avec le contrat choisi (ou plutôt celui que vous avez les moyens de payer). Là, le maître mot est rentabilité. On vous soigne dans des cliniques privées où il faut laisser un chèque de caution avant d’être admis pour quoi que ce soit. Un accidenté de la route l’année dernière est mort dans l’ambulance parce qu’il a été rejeté de 3 cliniques faute d’avoir ses papiers et son chéquier! Mais bon, si vous avez le chéquier, on vous soigne. Mais à quel prix… Mon exemple : un jour au boulot, je sens que je suis en train de faire mon 3ème pneumothorax (décollement de la plèvre). Le pneumologue ne France m’avait prévenu qu’au 3ème il fallait opérer, mais il ne m’a pas dit que c’était d’urgence. A la sortie du boulot, je suis donc allée voir un pneumologue profitant du fait que pour une fois je finissais tôt (sinon je ne serais pas en train de vous la raconter!) et celui-ci m’a dit qu’effectivement il fallait opérer. Je lui ai répondu qu’il m’indique un chirurgien pour planifier avec lui une opération un mois plus tard, après la haute saison au boulot. Ce à quoi il m’a dit qu’avec de la chance ça pourrait attendre jusqu’au lendemain (j’avais 1/3 du poumon décollé)! Coup de massue, je n’ai pas réfléchi et je suis aller voir le chirurgien qu’il m’a indiqué, dans une clinique, quand ce que j’aurais dû faire c’était aller à la clinique qui correspond à mon contrat et être opérer par le chirurgien de garde. Coût de l’opération (c’est le cas de le dire) : 65.000 FF, desquels l’isapre m’a royalement remboursé 15.000 FF. Restait à ma charge 50.000 FF, sauf que grâce à une mutuelle complémentaire que j’ai au boulot, je n’ai eu à payer « que » 15.000 FF, ce qui représente à peu près 3 mois de salaire : imaginez, je continue à le payer! Et on ajoute à ça 5.000 FF de l’accouchement de Valentin qui était pourtant prévu et calculé, mais bon, jamais rien n’est gratuit ici. Et je ne suis pas un cas unique. De fait, l’État a crée un fond spécial d’aide aux maladies catastrophiques car imaginez ce que peut coûter un traitement de cancer ou de Sida…

Par contre, c'est sûr, on peut prendre rendez vous avec le médecin et imprimer ses résultats d'examens par internet, mais ça ça ne sauve pas la vie!

Alors continuez à profiter (et non abuser) de votre Sécu, où si vous arrivez aux urgence on commence par vous sauver la vie avant de vous demander vos papiers et où le suicide n’est pas la seule alternative à une maladie grave pour ne pas laisser sa famille dans la ruine!

 

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