La Coupe du Monde, vue du Chili, ça n’est que les autres, parce que le pays ne s’est pas qualifié. Il faut dire qu’avec trois places pour l’Amérique du Sud, et le Brésil et l’Argentine qui y vont systématiquement, il ne reste qu’une place pour le reste ! C’est dur ! Le meilleur score du Chili a été d'arriver en demi finale contre le Brésil en 1962, alors qu'il était le pays organizateur.
Donc je dois bien reconnaître que jusqu’à savoir que la France jouait contre l’Espagne, je ne m’étais pas franchement intéressée. Mais quand j’ai su qu’on avait gagné 3-1 et que la rencontre suivante était contre le Brésil, je me suis dit qu’un France-Brésil, c’est toujours intéressant. Mais voilà, à l’heure du match (15h ici), je suis à la véga les samedi. Mais je me suis dit que pour le foot, il allait sûrement y avoir pas mal de téléviseurs à droite et à gauche. Effectivement ! Presque chaque chaland avait son poste ! Et, bien sur, tout le monde pour le Brésil, le dernier sud-américain en course après l’élimination de l’Argentine (généralement le favori ici, parce que le plus proche). Je me suis donc gardé mes commentaires pour moi pour ne pas me faire lyncher ! Je n’ai pas vu le but parce que juste à ce moment-là j’étais en train de décharger mon petit chariot dans la voiture avant d’aller le remplir à nouveau. Mais j’ai été évidemment ravie de voir le score à mon retour. Et quand j’ai eu fini mes courses, il ne restait plus que 10 minutes de jeu : pas le temps de rentrer à la maison avant la fin, et avec les brésiliens qui essayaient désespérément de faire rentrer le ballon dans nos filets, coûte que coûte, je n’allait pas partir comme ça. Je suis donc allée voir les dernières minutes, et j’avais l’air d’une folle, ou au moins d’une bête bizarre, en train d’essayer de convaincre mon mari de me laisser voir les dix dernières minutes d’un match de foot ! Si en France ça n’est pas très courant que la femme soit plus intéressée par le foot que le mari, ici encore moins : du jamais vu ! Ils m’ont donc regardée du coin de l’œil, et quand l’arbitre a sifflé la fin du match et que je me suis mise à sauter un peu partout, ils m’ont regardé de manière franchement hostile avant de me demander si j’étais française. Mais quand j’ai répondu que oui, j’ai eu droit à plusieurs poignées de mains de félicitations ! Sans rancune !